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Ah, vous vous êtes perdu dans mon coin de citerne ?

C'est pas super bien rangé, mais il reste une petite place

pour vous asseoir si vous avez un peu de temps à perdre.

Je vais vous chercher un plan. Et faire un café.

Pendant ce temps là, vous pouvez toujours fouiller, lire,

regarder, écouter ce qui traîne ici. J'arrive.

 


 

la pluie les larmes les p'tits vélos

vernissage mondain

Comptes exacts des mille et une nuits


conscience-fiction [06/05/07]

Août 2008.

J'ai commencé à me sentir super-vulnérable le jour où j'ai appris que cet espèce de connard d'enfoiré d'Anton avait intégré la milice civile.

Faudrait que que revienne en arrière, expliquer… ça date de quoi maintenant ? Trois ans cette histoire ? Trois ou quatre, je sais plus bien, pas envie de compter.
Il avait fait le forcing à ma porte pendant des semaines, des vagues de sms quatre fois par jour, des fleurs et des déclarations, j'avais la dalle, ça me faisait vibrer, il avait des yeux pas possibles, ça sentait le chaud, des phéromones hyper agressifs, je changeais de culotte chaque fois que je l'entendais parler mais je tenais bon, il avait juste un problème, sa gonzesse. Et puis j'ai fini par me dire que de toutes façons il en avait rien à fiche de cette fille, de moi ou d'une autre, que j'avais aucune raison de postuler pour un prix de morale, la première fois que je l'ai embrassé j'en tremblais, c'était plus la peine de penser à autre chose. Le sexe, top. Le sexe et la peinture, c'est tout ce qu'on partageait. Mais top.
C'est monté très vite, on se voyait tout le temps, on baisait partout, j'en avais le cœur qui gonflait, à croire au bonheur. Et puis il y a eu des petits trucs, assez vite aussi. Des mots de haine quand je n'étais pas assez disponible. La jalousie, toutes ces petites feintes que je connaissais par cœur, j'en sortais du danger, j'étais même pas morte. Je l'ai surpris raciste, et moi, la connerie à ce point, ça me fait débander direct.
Je l'ai vu dangereux, prêt à cogner, je me suis eclipsée avant le premier round.
pour la suite, j'étais blindée, déjà vu. les pleurs, les demandes de pardon, les séductions, la haine, les menaces, les pleurs, les demandes de pardon… une fois que t'as observé le cycle une fois, tu peux prédire le jour et l'heure.
ça a duré, quoi, six mois ? et puis ça c'est espacé un peu, là depuis deux ans à peu près tous les six mois, vague de messages, pneus crevés, porte taggée, ça dure une semaine et puis c'est marre, je réponds aux abonnés absents et il se lasse jusqu'à la prochaine crise.

Le coup de la milice civile, là quand même j'ai commencé à penser qu'il avait les moyens de me faire chier réellement.
Au cas où, j'avais pris des photos de la porte chaque fois qu'il y avait taggé ses menaces, et je gardais ses derniers messages dans la mémoire de mon sms, ceux que j'avais là dataient de moins d'un mois, ça allait de "ta peinture c'est de la merde, t'es laide, aujourd'hui je te vois laide" à "ton prochain mec je lui fais la peau"… que des trucs malins, quoi.

Là, c'était typique du cas où, je suis allée portée plainte pour harcèlement avant d'être inscrite dans les listes de suspects.

Le commissaire qui m'a reçue, je le connaissais déjà. C'est lui qui avait pris ma plainte cinq ans avant quand j'étais sortie de l'hosto après l'histoire du taré précédent.
Oui, je sais, vous allez vous dire que je fais collection. Rassurez-vous, c'est très exactement ce que m'a dit le commissaire aussi. Il se souvenait de moi, il se souvenait m'avoir appelée trois ou quatre fois après, filé son numéro direct, mais décidément, je les cherchais, les histoires pas claires, pourtant j'avais pas l'air, comme ça, enfin, pas l'air d'aimer ça quoi, plutôt l'air d'une fille bien, pas mal même, que je méritais mieux, mais qu'est ce que je leur avais fait à ces types pour qu'ils se mettent dans des états pareils, enfin, si j'avais besoin de protection rapprochée, il était toujours là, pas changé de numéro. J'essayais de pas le regarder pendant qu'il me parlait, mais la seule chose d'autre à regarder à part lui, c'était le portrait présidentiel accrochée juste au dessus de son fauteuil, j'ai commencé à avoir franchement les boules. J'essayais de me rappeler le temps où l'on pouvait encore se marrer devant l'image tronquée de ce même crâne trop petit dans le cadre doré, j'avais du mal, ça passait mal, je ne me souvenais que des représailles consécutives aux critiques juste après les élections... J'ai du passer au labo pour l'empreinte génétique, j'ai nerveusement lâché une vanne idiote sur le classement des dossiers témoins, le flic infirmier a souri, vous en faites pas mademoiselle ya pas de risque de confusion, et puis je suis sortie de là, pas trop à l'aise.
Le commissaire est sorti derrière moi, m'a proposée de me raccompagner, j'étais à cran, je lui ai dit que j'allais suivre son conseil à la lettre, et m'éloigner le plus possible des mecs, et je me suis cassée.

Ça a commencé le mardi suivant. j'ai reçu un coup de fil du commissariat, "on" avait regardé mon dossier, y'avait des trucs qui pouvaient mal passer, je devais venir au poste pour m'expliquer. Des trucs ? Quels trucs ? A part deux ou trois interdits bancaires régularisés, je voyais vraiment pas ce que je pouvais avoir dans un dossier. C'est quand le type a commencé à parler d'activisme anti-gouvernemental et d'art contestaire que je me suis dit que là, c'était chaud pour mes fesses.

J'ai dit que je passerais le lendemain, le lendemain j'ai pas pu, la milice était chez moi, en train d'interroger mon fils sur ses conditions de vie, et comment ta mère se paie un grand appartement comme ça, et pourquoi t'as redoublé ta troisième, pourquoi t'as du voir un psychologue à la demande de l'institutrice en 5ème, est-ce que ta mère fume du cannabis, ils étaient là, debout, et lui mordant sa rage, j'espérais qu'il n'explose pas, j'avais moi-même du mal à garder mon calme. Ils ont fouillé un peu partout, ont ricané en retournant mes sous-vêtements, fait des commentaires sur ma vaisselle, pas faite, mon lit, encore défait, les bouquins sur mon chevet, buchowski, l'un deux a ouvert et feuilleté quelques pages, sifflé, rhaa la salope, elle lit des bouquins de cul, sont redescendus interroger mon fils, est ce que ta mère regarde des films pornos, est-ce qu'elle t'a déjà montré des films pornos, est-ce qu'elle reçoit des hommes, est-ce que tu les vois, est ce que tu l'as déjà vue baiser, il ont dit baiser, il a 15 ans, merde, je pleurais de rage, et toi, tu préfères les filles ou les garçons ?
Ça a duré trois heures, ils sont repartis, la veste bien ouverte sur le taser, si vous n'avez rien à vous reprocher nous sommes là pour vous protéger.

J'ai demandé à paul de faire sa valise, et de se préparer à partir dans les prochains jours, il n'a pas dit un mot, fébrile eet grave à la fois, super-efficace, dieu que je l'aime, et puis je suis sortie boire un coup, me changer les idées, et surtout voir du monde, parler, parler, parler, comme si ça pouvait me protéger de quelquechose, comme si j'étais quelqu'un.

J'ai appelé toutes les influences de mon carnet d'adresse. les types côtés en bourse, un pote avocat, des journalistes. Ils avaient l'air assez gênés, la milice, c'est pire que la police, ils t'envoient le fisc comme pour rire, et une carte de presse, ça pousse pas nourri aux ogm, de nos jours.

C'est dans le métro que je me suis fait coincer. J'avais plus pensé aux caméras biométriques, ni à mon rendez-vous loupé chez les flics. Délit de fuite, m'a dit la keufette qui m'a passé les menottes, en serrant à mort, salope.
Une nuit en garde à vue, accrochée au banc de fer dans cette cellule qui pue la pisse, ça fait réfléchir. Je passe les détails.
Le lendemain le commissaire m'a accueillie avec un sourire goguenard. Comme on finit toujours par se retrouver, vous voyez. et avec ça vous êtes mère célibataire. vous savez que c'est le camp de rééducation direct pour votre gamin si vous avez affaire à nous ?
C'est quand il a répété qu'il était toujours là pour me protéger, lui, que j'ai compris que ça allait encore être une histoire tordue.


Une ancienne alors… Pour tout, dire, une récupération [29/01/07]

Une fois j'étais en espagne, dans le désert blond et rouge et noir de l'extremadura, morte une fois de plus sous les coups d'un crétin qui mesurait mon attachement pour lui à l'ampleur de ce que je pouvais supporter, allongée les yeux ouverts sur les pierres brûlantes coupantes j'entendais les cloches aigres de l'église.

Morte, j'ai reçu le nom de Luisa Maria Ribeira de Santossa, suffisamment absurde et déplacé pour que je puisse me raconter ma propre histoire.

Le premier jour de ma mort, les veilles noires du village blanc sont venues m'absoudre de mes péchés.

Et morte, j'étais remplie de haine…


elles sentent la naphtaline les petites bonnes femmes noires qui s'en viennent au cimetière porter les chrysanthèmes en procession désordonnée. Je suis trop loin pour les renifler, c'est vrai, mais je connais leur puanteur sordide de vieilles mortes et le grincement de leur squelette usé quand elles se penchent pour s'entresaluer. elles ne sont veuves de rien, les noires, qu'elles aillent se faire foutre avec leur compassion de circonstance. Vieilles folles au cul jamais troué, Luisa Maria Ribeira de Santossa vous emmerde, je suis vivante et je vous hais.
Je vous ai vues dans l'église, déguiser la madone en poupée de foire, pâmées par votre propre dévotion. Vos doigts de branches sèches m'ont fait frissonner, vos baisers arides me glacent, vos chuchotements bigots salissent le silence.
Vous vous croyez victorieuses, vieilles biques, vous chevrotez les avé maria en rédemption de péchés que vous n'imaginez même pas, vous croyez qu'il aura suffit de mimer autour de mon corps gisant les simulacres de votre religion sans foi pour devenir propriétaires tout à la fois de ma mémoire et de mon destin... Mais que savez-vous du destin de l'âme quand vous-même n'avez jamais été suffisamment vivantes pour faire éclore la votre ?
Je suis là, et je vous vois, et mon regard est plus neuf et plus vivant que jamais. J'ai vu en ce seul jour ce que vos yeux ne sauront jamais voir, pauvres aveugles.
J'ai vu Ines la catin sevillane couverte d'or jusqu'à l'indécence, et s'en moquant, et je l'ai vue plus sainte que vous toutes réunies.
J'ai vu la campagne fauve se coucher sous le vent chaud du sud.
J'ai vu le sang de cuivre des chênes-liège échorchés.
J'ai vu sous la canicule andalouse les taureaux immobiles se préparer gravement à tomber pour l'Espagne.
Et je vous vois, hypocrites et vaines, et j'en crève de vous voir toucher mon corps froid sans en goûter la caresse, gesticuler vos signes de croix, la langue fétide mendiant une ostie dont vous ne pourrez jamais jouir, faute d'avoir jamais communié…
Vous êtes mortes, vieilles folles au cul jamais troué, plus mortes que moi ; Luisa Maria Ribeira de Santossa vous emmerde, six pieds sous la terre noire d'Extremadure, je suis vivante et je vous hais.

Le deuxième jour de ma mort, j'étais plus calme.



une nouvelle, justement. courte. [11/01/07]

La boite ou "quand on s'endort le nez contre un rail, faut pas s'étonner de se réveiller avec un train dans la gueule"

- Tiens, j’avais jamais remarqué ce truc là. C’est quoi ?
- fais gaffe, c’est une boite
- Ben je vois bien
… fis-je en appuyant distraitement sur le couvercle…
J’ai vu à l’air catastrophé de Pol que j’avais fais une connerie.

La lumière s’était mise à touner dans tous les sens, un laser bleu traversait l’espace et des projections irridescentes se promenaient sur les murs de mon salon, étrangement devenus noirs.
une boite, pôvtach ! J’ai acheté ça à Storm Valley l’an dernier, c’est la V.B. qui transforme ton appart en boîte…
Il avait dû finir sa phrase en bleuglant, rapport à la musique.
Les gens arrivaient de partout, glissaient sur la piste de danse.
- viens, on s’éloigne, j’ai fait, prudente…
J’ai essayé de repérer ce qui avait été la cuisine, juste avant... ce luminéon “privé” sur une porte coupe-feu, là-bas... J'ai touché Pol du bras, ouais, on fonce, et ouf, la portée de la Virtual Box n’était prévue que pour une seule pièce : derrière la porte, c’était bien la cuisine.

- Connasse ! a hurlé Pol dès qu’on a été seuls. T’as une idée de comment on va faire pour l’éteindre maintenant ?”
- Ben... pas toi ?
- Bien sûr que si, que j’ai une idée !!! Mais ça va prendre trois plombes !… au cas où t’aurais pas remarqué, je te signale qu'il y a déjà des gens qui ont
commencé à entrer de l’extérieur : va falloir sortir tout le monde avant d’éteindre, et pour repérer les VP des autres, bonjour la galère ! Tu t’imagines aller voir tout le monde et demander gentiment, salut, t'es un personnage de la Virtual Box ou t'es entré parce que t'as vu de la lumière ?
- Ben on n’a qu’à éteindre d’abord et sortir tout le monde ensuite…
- Et que tout le monde voit ce qu’il y a dans l’appart ?

J’ai blêmi. Meeeerde…
Pôl faisait la gueule, visiblement. Il avait arrêté de hurler, ça servait à rien, mais c'est pas pour ça qu'il allait me pardonner de sitôt…
Tout de même, je trouvais qu'il y avait largement matière à rééquilibrer les culpabilités. Qu'est ce qui lui avait pris de laisser traîner cette boîte n'importe où ?


- Mais qu’est ce qui t’a pris de laisser traîner ce truc là, toi, aussi ?
- Ca fait un an que c’est là ! Je croyais que tu savais ce que c’était !!!
- … jamais fait gaffe. Aussi, c’est plutôt bizarre comme forme, pour une VB… je pouvais pas deviner !
- C’est conceptuel.
- Je trouve ça moyennement malin
- Et trouves ça intelligent d’appuyer sur tout ce qui traîne ?
- J’appuie pas sur tout ce qui traîne ! Sinon depuis un an y’a longtemps que je l’aurais explosée, ta VB à la con !
- Eh ben on peut dire que tu choisis bien ton jour !
- Bon, bon ça va… qu’est ce qu’on fait alors ?




- on jette un œil ?

J’ai entr’ouvert la porte de la cuisine. De l’autre côté, ça remuait un max au rythme des Digital Freak Brothers. Dans le coin de la pièce, à peu près là où aurait dû se trouver le matos, il y avait un petit salon bas. Visiblement, les sacs de poudre avaient été sur-holographiés par de profonds virtupoufs dorés, et pour le reste, balance, tubes à essai… impossible de deviner ce que la VB avait pu faire pour les masquer.
- hum… C’est censé fermer à quelle heure ?
- Euh... 4 heures du mat je crois... mais avec le décalage horaire…

Finalement, tout ça pouvait bien rester perdu dans la réalité parallèle jusque demain, personne ne pouvait toucher à rien et, une chose est sûre, la douanespace ne viendrait pas nous chercher ici…
-…
- Bon… bon… alors on va en boite ?”



positionnez votre pointeur de souris sur les dates entourées pour vous informer sur les concerts disponibles
mai 200701020304050607080910111213141516171819202122232425262728293031
juin 2007010203040506070809101112131415161718192021222324252627282930
jul. 200701020304050607080910111213141516171819202122232425262728293031
aoû 200701020304050607080910111213141516171819202122232425262728293031
sep. 2007010203040506070809101112131415161718192021222324252627282930
oct. 200701020304050607080910111213141516171819202122232425262728293031
nov. 2007010203040506070809101112131415161718192021222324252627282930
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fev. 20080102030405060708091011121314151617181920212223242526272829
mars 200801020304050607080910111213141516171819202122232425262728293031
avr. 2008010203040506070809101112131415161718192021222324252627282930
mai 200801020304050607080910111213141516171819202122232425262728293031
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